Test de la New Balance Fresh Foam X Hierro v9 après 342 km : confort, grip Vibram, stabilité, limites et usure sur chemins.
La Hierro v9 mise d’abord sur la protection, la stabilité et le confort longue durée.
Au bout de 22 kilomètres, j’ai quitté un chemin forestier pour finir par quatre kilomètres de voie verte. C’est généralement le moment où une chaussure de trail se met à taper, à ronronner bruyamment sur le bitume ou à rappeler qu’elle préférerait être ailleurs. La New Balance Fresh Foam X Hierro v9, elle, a simplement continué à dérouler. Mes jambes étaient fatiguées, mais les appuis restaient doux et les crampons étonnamment discrets.
C’est précisément ce qu’elle fait le mieux : rendre les sorties mixtes et les chemins roulants très confortables. Après 342 km, je la vois comme une trail protectrice, stable et rassurante, pas comme une arme pour danser entre les rochers. Elle possède un vrai tempérament tout-chemin, avec une semelle Vibram sérieuse, mais son volume et son poids fixent clairement les règles du jeu.
Je lui donne 8,7/10. Son amorti Fresh Foam X est généreux sans s’effondrer, son grip fonctionne très bien sur terre humide et sa base large fatigue peu les jambes. Je la recommande pour les footings nature, le road-to-trail, les longues sorties roulantes et la randonnée rapide.
Ses limites apparaissent quand il faut changer brutalement d’appui : elle manque d’agilité dans les pierriers, se montre lourde pour le fractionné et son avant-pied n’est pas aussi vaste que sa silhouette le suggère. Dans la boue profonde, ses crampons trouvent aussi leurs limites.
Pour qui ? Pour un coureur neutre, débutant à confirmé, qui privilégie le confort sur chemins faciles à modérément techniques. Elle convient particulièrement bien aux sorties de 10 à 50 km, avec un vrai intérêt entre 20 et 35 km.
À éviter si… tu cherches une chaussure légère, proche du sol, très nerveuse ou destinée aux sentiers techniques et à la boue profonde.
Je m’appelle Mathieu, j’ai 39 ans, je mesure 1,80 m pour 76 kg. Je cours environ 43 km par semaine, avec une foulée neutre et une attaque médio-talon. J’ai utilisé cette Hierro v9 pendant un peu plus de quatre mois, du 9 mars au 18 juillet 2026.
Le test représente 31 sorties, dont 80 % sur chemins et 20 % sur route. Ma sortie la plus longue a atteint 26,7 km et 690 m de dénivelé positif en 2 h 57. J’ai également couru un trail nature de 18 km, sans objectif chronométrique, ainsi que plusieurs séances tempo sur piste forestière.
J’ai choisi ma pointure running habituelle, 45 EU, pour un pied standard légèrement large à l’avant. La longueur est juste. Si tu hésites entre deux tailles ou si ton pied gonfle beaucoup, la demi-pointure supérieure mérite d’être essayée.
Le premier contact est très doux. Le talon est bien enveloppé, le col rembourré sans excès et la languette plate reste parfaitement en place grâce à ses goussets. Une sortie m’a suffi pour trouver le bon serrage : progressif en bas, ferme autour du cou-de-pied, sans bloquer l’avant.
Le maintien du talon est excellent et le médio-pied ne flotte pas dans les virages. En descente, mon pied avance très peu. Sur ma sortie de presque trois heures, j’ai seulement ressenti un léger échauffement au petit orteil droit. Pour un pied vraiment large, je choisirais la version Wide.
Le mesh protège bien des petits débris et inspire confiance. Il respire correctement, mais les rembourrages deviennent chauds après une heure autour de 26 °C et sèchent moins vite qu’une tige minimaliste.
La mousse n’offre pas un rebond spectaculaire. Elle absorbe, stabilise et accompagne. Le déroulé est calme, régulier, presque silencieux sur un chemin compact. À allure facile, je peux oublier la chaussure et laisser les kilomètres s’empiler sans surveiller chaque pierre.
Sur une séance de 3 x 10 minutes autour de 5 min 12 s/km, la Hierro suit correctement tant que l’allure reste stable. En revanche, elle n’aime pas les accélérations sèches. Lors de dix répétitions d’une minute en côte, la motricité était bonne, mais le poids coupait l’envie de sprinter.
Son drop de 4 mm ne m’a pas demandé d’adaptation particulière. La géométrie et la grande épaisseur de mousse évitent une sensation trop basse à l’arrière. La plateforme large donne même une stabilité surprenante au regard de sa hauteur.
J’ai couru 15 km juste après une averse, sur terre humide, racines et gravier. Le Vibram Megagrip m’a rassuré partout, sauf dans deux passages de boue profonde. Les crampons de 4,5 mm accrochent bien sur les sols meubles ordinaires, mais ils ne remplacent pas une semelle dédiée aux bourbiers.
Sur roche humide, le grip tient mieux que la chaussure ne se place. Dans une descente cassante, j’ai ralenti parce que la hauteur et l’inertie me donnaient moins de précision. Ce n’était pas une perte d’adhérence : simplement, mon pied ne se repositionnait pas assez vite.
À l’inverse, les portions routières sont étonnamment agréables. Les crampons se font peu sentir et la transition reste naturelle. Voilà pourquoi cette Hierro a du sens pour partir de chez soi, avaler quelques kilomètres de bitume puis rejoindre les chemins.
Footing facile : c’est son terrain de jeu favori. La mousse filtre les irrégularités, la chaussure reste stable et l’allure vient sans effort.
Sortie longue : c’est là qu’elle justifie son volume. Après 26,7 km, mes jambes étaient encore correctement protégées. L’avant-pied ajusté mérite toutefois une attention particulière si tu dépasses deux heures.
Tempo roulant : elle accepte un rythme soutenu et constant, sans devenir excitante. Pour les changements d’allure, je préfère nettement une paire plus légère.
Trail technique : elle protège bien, mais son gabarit gêne dans les appuis rapides, les pierriers et les passages très étroits. Le navire est confortable ; pour slalomer, il faut une embarcation plus vive.
La tige ne présente ni trou ni décollement. Le maintien a peu bougé et la mousse conserve un comportement homogène. La semelle extérieure montre une usure logique aux zones d’impact, mais les crampons restent assez profonds pour poursuivre le test sans arrière-pensée.
J’estime pouvoir dépasser 650 km avec cette paire si je reste majoritairement sur terrain roulant. Les longues portions de bitume accéléreront naturellement l’usure du Vibram, tandis que les pierres abrasives attaqueront davantage les crampons.
Face à la HOKA Speedgoat 7, la Hierro v9 est plus douce et agréable sur les parcours roulants. La HOKA reste plus agile lorsque le sentier devient rocheux, étroit ou franchement technique.
La Kiprun Kipcore Gravel donne davantage envie d’accélérer et coûte moins cher. La New Balance protège mieux sur les longues sorties et offre un grip plus convaincant sur terrain humide.
Pour une sortie entièrement routière, la HOKA Clifton 10 est plus légère et plus fluide. La Hierro devient le choix logique dès que les chemins, les graviers et les racines dominent.
Enfin, la New Balance Fresh Foam X More v6 pousse encore plus loin le confort sur route. La Hierro v9 paraît moins moelleuse, mais sa semelle Vibram et ses renforts lui ouvrent un terrain bien plus large.
La New Balance Fresh Foam X Hierro v9 est une excellente trail de confort pour les chemins roulants et les sorties mixtes. Elle protège, accroche et reste agréable quand une partie du parcours passe sur route. Son amorti ne cherche pas à impressionner pendant cent mètres : il travaille pendant trois heures.
Je la rachèterais à son prix public de 160 € si mon objectif principal était le confort longue distance. Autour de 120 €, son rapport qualité/prix devient franchement séduisant. Je la déconseille seulement à celui qui veut courir vite, sentir le terrain ou attaquer des sentiers très techniques. Pour tout le reste, elle sait transformer une longue balade sportive en sortie dont on a envie de remettre une portion.
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