Mon avis sur la HOKA Clifton Pro après 176 km : amorti ProGlide, dynamisme, stabilité, chaussant, adhérence, comparaisons et usages conseillés.
La Clifton Pro garde l’ADN visuel de la famille, mais sa semelle ProGlide et son rocker annoncent une paire plus ambitieuse.
Le mot « Pro » collé derrière Clifton m’a d’abord rendu méfiant. La Clifton, c’est normalement la paire que tu enfiles sans ouvrir un tableau Excel : un footing, une sortie tranquille, parfois un peu plus long, et tout se passe sans drame. Ajouter « Pro » pouvait donc annoncer une vraie évolution… ou simplement un joli supplément de dix euros et trois lignes dans le communiqué de presse.
Après 176 km en 16 sorties, j’ai tranché : cette HOKA Clifton Pro a bien sa personnalité. Elle est plus ferme, plus stable et nettement plus volontaire que la HOKA Clifton 10. Elle n’a ni plaque ni rigidité de chaussure de compétition, mais elle aime les allures régulières, les progressifs et les blocs longs. C’est une Clifton qui s’est levée avant le réveil.
Elle n’est pas parfaite pour autant. À 170 €, elle entre dans une zone très disputée, son adhérence sur peinture humide reste moyenne et son amorti ne conviendra pas à ceux qui cherchent le moelleux typique d’une chaussure de récupération. En revanche, si tu veux une seule paire capable de passer du footing au tempo sans changer de visage, elle mérite une vraie place sur ta liste.
La Clifton Pro est un excellent daily trainer dynamique pour le coureur neutre qui alterne endurance, allure marathon, tempo et sortie longue. Elle protège suffisamment pour accumuler les kilomètres, tout en gardant une transition plus nette que la Clifton 10 lorsque tu accélères.
Je la recommande surtout aux coureurs réguliers qui veulent réduire leur rotation. Elle peut faire le travail d’une chaussure d’endurance et d’une paire de séances longues. Pour la récupération très lente, je préfère quelque chose de plus doux. Pour le fractionné court ou le chrono, une chaussure plus légère reste plus amusante.
Je m’appelle Julien, j’ai 32 ans, je mesure 1,76 m pour 68 kg et je cours depuis environ neuf ans. Mon allure d’endurance se situe généralement entre 4 min 55 et 5 min 35 s/km. Sur les séances, je descends régulièrement autour de 4 min/km. Ma foulée est neutre, plutôt médio-pied quand le rythme monte.
Le modèle étant sorti en juillet, je n’allais pas prétendre l’avoir usé pendant six mois. J’ai concentré 176 km en dix-neuf jours, avec 16 sorties de 6,8 à 24,6 km : endurance, sortie progressive, 3 x 15 minutes au tempo, 12 x 400 m et une sortie après une averse. C’est assez pour comprendre le caractère de la paire, pas encore pour annoncer sa durée de vie définitive.
La séance la plus parlante a été la sortie de 24,6 km. Je suis parti tranquillement, puis j’ai accéléré par paliers. Au kilomètre 20, la transition restait propre et la mousse ne donnait aucun signe d’affaissement. Mes jambes commençaient à discuter, la chaussure beaucoup moins.
Je porte du 42 en ville et j’ai choisi mon 43 habituel en running. La longueur est fidèle, avec environ 9 mm devant le gros orteil. Le talon est bien verrouillé, le médio-pied correctement enveloppé et la languette ne se déplace pas pendant les sorties longues.
L’avant-pied est plus accueillant que sur certaines anciennes HOKA, sans devenir large. Mon pied standard y trouve assez de liberté, même après deux heures. Si ton pied est franchement large, je regarderais tout de même la version Wide plutôt que de monter inutilement en longueur.
Le confort de la tige est très bon, mais pas façon chausson rembourré. Le mesh technique respire bien, le col apporte juste ce qu’il faut de douceur et l’ensemble paraît plus précis que luxueux. Par 28 °C, je n’ai pas eu de point chaud ni besoin de desserrer les lacets.
La semelle ProGlide fonctionne en deux temps. À allure lente, elle offre un amorti équilibré, plus ferme que celui de la Clifton 10. Lorsque tu accélères, la couche supérieure devient plus expressive et le rocker aide le pied à repartir vers l’avant. Le changement n’est pas spectaculaire, mais il est très facile à sentir.
Les trente premiers kilomètres m’ont paru assez fermes. Entre 35 et 50 km, la mousse s’est légèrement assouplie, puis elle a trouvé son point d’équilibre. À 176 km, je ne ressens aucun tassement. Le talon reste protecteur et l’avant-pied assez tonique pour ne pas disparaître sous la charge.
Ce n’est pas une sensation trampoline comme sur l’ASICS Novablast 6. La HOKA renvoie moins verticalement et guide davantage la transition. J’ai l’impression d’avancer sur une trajectoire propre plutôt que de rebondir d’un appui à l’autre.
Sur 3 x 15 minutes entre 4 min 05 et 4 min 15 s/km, la Clifton Pro est dans son élément. Le rocker entretient la cadence, la plateforme reste stable et la mousse répond sans imposer une rigidité artificielle. Je peux courir relâché, sans devoir charger l’avant-pied pour obtenir quelque chose.
Elle accepte aussi les accélérations plus courtes. Mes 12 x 400 m sont passés sans difficulté, mais ce n’est pas là qu’elle donne envie d’ajouter une répétition. L’Adidas Adizero Evo SL est plus légère, plus directe et plus joueuse pour ce type de séance.
À l’autre extrémité, le footing très lent reste agréable, simplement moins séduisant. La fermeté ressort davantage et le rocker a moins de vitesse à accompagner. Si ta semaine est composée presque uniquement de sorties de récupération, la Clifton 10 conserve un avantage évident.
La Clifton Pro est neutre, pourtant elle donne une impression de sécurité supérieure à beaucoup de chaussures dynamiques. La base est suffisamment large, le talon ne s’écrase pas latéralement et le pied reste centré lorsque la fatigue dégrade un peu la pose.
Je l’ai particulièrement apprécié dans la seconde moitié de la sortie longue et sur un parcours vallonné. La hauteur de 42 mm ne donne pas l’impression de courir sur des échasses. Dans les virages serrés, elle n’a pas l’agilité de l’Evo SL, mais elle demeure prévisible.
Cette stabilité ne remplace pas le guidage d’une ASICS Gel-Kayano 32. Si tu as besoin d’un soutien prononcé, la Clifton Pro ne corrigera pas ta foulée. Elle propose simplement une plateforme neutre bien construite.
La semelle extérieure en caoutchouc Durabrasion couvre les zones utiles sans alourdir visuellement toute la base. Sur asphalte sec, elle est silencieuse et rassurante. Sur voie verte propre, elle se comporte également bien, à condition d’éviter la terre meuble.
Après une averse, l’adhérence reste correcte sur bitume. Elle devient plus moyenne sur les bandes blanches et les plaques lisses. J’ai eu un petit glissement sans conséquence sur une ligne peinte. Rien d’alarmant, mais ce n’est pas la paire qui me ferait chercher les pavés mouillés pour le plaisir.
Après 176 km, l’usure est très faible. Le dessin orange reste net, avec seulement un léger lissage au talon externe droit. Si cette évolution continue, une durée de vie de 650 à 800 km paraît réaliste, à confirmer lorsque la paire aura réellement traversé plusieurs saisons.
La Clifton 10 reste plus douce, plus simple et plus agréable pour récupérer. La Clifton Pro gagne clairement dès que tu accélères : transition plus nette, plateforme plus stable et mousse moins paresseuse. Si tu possèdes déjà la Clifton 10, les deux ne font pas exactement doublon.
La Novablast 6 offre davantage de rebond et un comportement plus joueur. La Clifton Pro paraît plus cadrée et plus stable. Je choisirais l’ASICS pour le plaisir de rebondir, la HOKA pour enchaîner proprement les kilomètres à allure régulière.
L’ASICS Superblast 3 protège encore mieux sur les très longues sorties et possède une réserve de vitesse supérieure. Elle coûte aussi davantage. La Clifton Pro est plus accessible, plus proche du sol dans ses sensations et plus facile à justifier pour un usage quotidien.
Elle convient au coureur neutre régulier, plutôt léger à moyen, qui veut une chaussure capable de couvrir une grande partie de la semaine. Elle fonctionne particulièrement bien entre 10 et 30 km, sur les séances régulières où tu veux du confort sans laisser le rythme s’endormir.
Un débutant motivé peut l’utiliser, mais la Clifton 10 reste plus tolérante pour une reprise tranquille. Un coureur lourd devra essayer la paire pour vérifier que la fermeté lui convient. Et si ton objectif principal est le record sur 5 ou 10 km, prends directement une chaussure plus légère.
La HOKA Clifton Pro réussit quelque chose de moins spectaculaire qu’une plaque carbone, mais probablement plus utile : elle élargit vraiment le terrain de jeu de la Clifton. Je peux partir lentement, accélérer sur vingt minutes, prolonger la sortie et rentrer sans avoir choisi la mauvaise paire au départ.
Son principal défaut est presque commercial. À 170 €, elle doit affronter d’excellentes chaussures déjà installées. Son amorti ferme peut aussi surprendre ceux qui associent HOKA au moelleux. Mais son équilibre entre confort, stabilité et dynamisme est très convaincant.
Ma note : 8,8/10. Je la garderais comme paire principale des semaines actives, avec une chaussure plus douce pour récupérer. Le mot « Pro » n’en fait pas une chaussure élitiste ; il signale surtout une Clifton qui a enfin envie de participer à la séance.
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