Mon avis sur la Brooks Glycerin Max 2 après 416 km : confort, DNA TUNED, dynamisme, stabilité, usure et comparaison avec Bondi 9 et Nimbus 27.
La Glycerin Max 2 assume sa semelle imposante, mais son profil très courbé évite une foulée complètement pataude.
La Brooks Glycerin Max 2 ne fait aucun effort pour cacher son jeu. Tu la poses à côté d’une chaussure classique et sa semelle ressemble immédiatement à un étage supplémentaire. La question n’est donc pas de savoir si elle possède beaucoup de mousse, mais si tout ce volume sert vraiment quand les kilomètres commencent à s’empiler.
J’ai passé 416 km en 38 sorties avec elle, des footings de récupération à une sortie longue de 28,4 km. J’ai aussi glissé quelques blocs à allure marathon et une séance de 400 m dans le programme. Cette dernière n’était pas forcément une bonne idée, mais elle a eu le mérite de clarifier les limites du modèle.
Mon verdict tient en une phrase : la Glycerin Max 2 est lourde et chère, mais elle déroule avec une facilité étonnante pour une chaussure aussi massive. Ce n’est pas un trampoline ni une paire rapide. C’est un gros fauteuil monté sur un rocker, et le fauteuil avance plutôt bien.
La Brooks Glycerin Max 2 est une chaussure neutre à amorti maximal pensée pour les footings faciles, la récupération et les sorties longues. Son talon est très moelleux, son avant-pied un peu plus ferme et son GlideRoll Rocker accompagne naturellement la transition.
Je la recommande si tu veux protéger tes jambes et courir longtemps à une allure régulière. Je la déconseille si tu recherches une paire légère, agile ou capable de transformer une accélération en moment de grâce. Ses 320 g officiels reviennent vite dans la conversation quand la cadence monte.
Je la conseille d’abord aux coureurs qui privilégient la protection et la régularité. Elle convient bien aux gabarits moyens ou lourds, aux semaines chargées et aux jambes qui apprécient un peu d’aide le lendemain d’une séance intense.
Son assise large la rend rassurante, mais elle ne corrige pas la pronation comme une chaussure de stabilité. Si tu as besoin d’un vrai guidage, une version GTS ou une chaussure dédiée sera plus logique. Ici, le maintien vient surtout de la géométrie et de la largeur de la plateforme.
Je l’éviterais pour le fractionné court, les courses rapides, les parcours très sinueux et les coureurs légers qui aiment sentir une chaussure disparaître sous le pied. Pour davantage de polyvalence chez Brooks, la Brooks Glycerin 22 reste plus simple à emmener lorsque l’allure change.
J’ai 38 ans, je mesure 1,80 m pour 74 kg et je cours quatre à cinq fois par semaine. Ma foulée est neutre, avec une attaque médio-talon et une légère pronation lorsque la fatigue s’installe. Je ne porte pas de semelles orthopédiques.
J’ai testé cette version homme standard en 42 EU, avec un pied de largeur classique et un avant-pied légèrement large. Sur treize semaines, mon volume a oscillé entre 38 et 57 km, principalement sur route, voie verte et chemin compact.
Parmi les sorties révélatrices : 13,2 km réguliers sur voie verte, 3 x 12 minutes autour de 4 min 45 s/km, 11,5 km sous une pluie fine et 28,4 km en 2 h 45. J’ai également couru 10 x 400 m pour vérifier si le gros bateau savait virer. Il sait finir la séance ; il n’a simplement pas envie de la recommencer.
La DNA TUNED n’offre pas la même sensation sur toute la longueur. Brooks utilise des cellules plus grandes au talon pour favoriser la douceur, puis des cellules plus petites à l’avant pour obtenir une poussée plus ferme. Sur le terrain, cette différence est perceptible sans devenir artificielle.
Le GlideRoll Rocker joue un rôle encore plus visible. La semelle bascule franchement vers l’avant et réduit l’effort nécessaire pour dérouler cette plateforme imposante. Je ressens moins un rebond vertical qu’un mouvement continu qui m’emmène du talon vers les orteils.
Le talon est enveloppant, le col bien rembourré et la languette répartit correctement la pression. Je n’ai pas eu besoin de serrer les lacets à l’excès pour verrouiller le médio-pied. Même après deux heures, aucun frottement ni point dur n’est apparu.
À l’avant, l’espace est confortable sans donner l’impression de nager. J’avais environ 8 mm devant le gros orteil. Mon pied droit, légèrement plus volumineux, a gonflé sur les sorties longues sans finir comprimé. Un pied très large gagnera toutefois à essayer une déclinaison Wide.
La tige respire correctement, mais le rembourrage du col retient un peu de chaleur par 28 degrés. Ce n’est pas rédhibitoire pour une chaussure de confort, simplement un rappel qu’ici, Brooks a privilégié le moelleux à la sensation minimaliste.
Le talon donne immédiatement une sensation profonde et douce. Pourtant, je ne m’enfonce pas dans un matelas uniforme. L’avant-pied plus ferme stabilise la poussée, tandis que la base large limite les mouvements latéraux. L’ensemble paraît plus construit qu’une simple accumulation de mousse.
Sur mes footings entre 5 min 15 s/km et 5 min 55 s/km, le confort est excellent. Les impacts disparaissent sans effacer complètement le sol. Après 28,4 km, je n’ai ressenti ni tassement brutal ni échauffement sous l’avant-pied. Le lendemain, mes quadriceps étaient sensiblement plus frais que prévu.
Face à la HOKA Bondi 9, la Glycerin Max 2 offre un talon plus moelleux et un rocker plus marqué. La Bondi 9 paraît plus ferme et plus directe. L’ASICS Gel-Nimbus 27 propose de son côté un confort plus homogène et une ambiance encore plus feutrée.
À allure régulière, cette Brooks surprend agréablement. Les blocs de douze minutes autour de 4 min 45 s/km passent sans lutte, car le rocker entretient le mouvement. Elle n’est pas vive, mais elle ne s’écrase pas à chaque appui.
Lorsque je descends sous 4 min 25 s/km, le décor change. Le poids, la hauteur et l’inertie compliquent les variations rapides. Pendant les 400 m, j’avais davantage l’impression de négocier avec la chaussure que de courir avec elle. Elle accepte une allure marathon ; elle n’a aucune passion pour les virages secs et les relances.
La HOKA Clifton 10 est nettement plus légère et polyvalente. La New Balance 1080v14 paraît aussi plus souple et plus facile à accélérer. La Glycerin Max 2 reprend l’avantage quand la priorité devient la protection sur la durée.
Pour une chaussure aussi haute, la stabilité est très correcte. La base large, le talon tenu et l’avant-pied moins mou empêchent l’ensemble de flotter. En ligne droite et dans les courbes progressives, je n’ai jamais eu la sensation de courir sur des échasses.
Les virages serrés révèlent davantage son volume. Elle reste prévisible, mais manque de précision. Sur un parcours roulant, ce défaut est secondaire. Dans une succession de demi-tours, de trottoirs et de changements d’appui, il devient plus agaçant.
La semelle extérieure accroche bien sur asphalte sec et reste rassurante sous pluie fine. J’ai seulement senti un léger glissement sur une bande blanche humide. Les chemins stabilisés propres passent sans difficulté ; la terre grasse et l’herbe mouillée ne correspondent pas à son programme.
Après 416 km, le caoutchouc présente une usure légère au talon externe et régulière sous l’avant-pied. Les rainures restent bien dessinées, la mousse exposée est peu marquée et l’accroche demeure proche de celle des premières semaines.
La DNA TUNED s’est légèrement assouplie vers 40 km, puis son comportement est resté stable. Le rebond me semble un peu moins net depuis environ 350 km, mais la protection n’a pas baissé de manière gênante. La tige, le col, les passants et les lacets sont intacts.
Pour mon gabarit et mon usage, j’estime une durée de vie réaliste autour de 650 à 750 km. Ce n’est pas une promesse universelle, mais la construction actuelle ne montre aucun signe inquiétant.
| Modèle | À choisir pour | Sensation dominante |
|---|---|---|
| Glycerin Max 2 | Protection maximale et longues sorties | Moelleuse au talon, très roulante |
| Glycerin 22 | Confort quotidien plus polyvalent | Plus classique et plus légère |
| Bondi 9 | Amorti maximal avec contact plus ferme | Stable et directe |
| Gel-Nimbus 27 | Confort premium très homogène | Feutrée et enveloppante |
La Brooks Glycerin Max 2 n’essaie pas de devenir la paire unique de ta rotation. Elle choisit un métier et le fait sérieusement : protéger les jambes, rendre les footings faciles plus fluides et conserver du confort lorsque la durée s’allonge.
Son poids limite le dynamisme, son gabarit réduit l’agilité et son prix public de 200 € est difficile à ignorer. Autour de 145 à 165 €, elle devient beaucoup plus convaincante. À plein tarif, je prendrais le temps de la comparer avec la Bondi 9 et la Gel-Nimbus 27.
Je vais continuer à l’utiliser pour les jours de récupération et les sorties longues sans objectif chronométrique. Ce n’est pas la chaussure qui me donne envie de sprinter jusqu’au prochain lampadaire. C’est celle qui me permet d’oublier les impacts pendant deux heures, et elle le fait remarquablement bien.
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