Test Brooks Ghost 18 après 236 km : confort, stabilité, amorti, dynamisme, usure et comparaison avec Ghost 17, Pegasus 42 et Cumulus 27.
La Ghost 18 reste visuellement classique, avec une plateforme plus travaillée qu'elle n'en a l'air.
La Brooks Ghost 18 ne m’a pas impressionné pendant les dix premières minutes. Elle m’a convaincu beaucoup plus tard, au vingt-deuxième kilomètre d’une sortie longue, quand ma foulée commençait à se dégrader alors que la chaussure, elle, continuait exactement le même travail. Même appui, même maintien du talon, même amorti. Pas de coup de mou, pas de mauvaise surprise.
C’est tout le paradoxe de cette Ghost : elle ne cherche jamais à faire le spectacle. Sa silhouette blanche, noire et bleu pâle garde un côté très sage, presque plus utilitaire que spectaculaire, et son comportement suit la même logique. Elle avance avec sérieux, protège les jambes et reste prévisible. Après 236 km, mon avis est assez simple : si tu veux courir régulièrement sans te demander quelle paire sortir, elle fait partie des choix les plus rassurants.
La Ghost 18 est une chaussure neutre de volume, stable et confortable, pensée avant tout pour les footings, la récupération et les sorties longues tranquilles. Je la trouve excellente entre 5 min 10 s et 5 min 50 s/km. Elle peut accélérer progressivement, mais elle n’aime ni les relances brutales ni le fractionné court.
Ma note : 8,4/10. Son meilleur argument n’est pas le moelleux ou le rebond : c’est la régularité. Elle garde le même visage au premier et au dernier tiers d’une sortie. Son principal défaut est tout aussi clair : elle reste lourde et peu joueuse quand tu veux vraiment hausser le rythme.
| Modèle testé | Brooks Ghost 18 Homme, largeur standard D |
|---|---|
| Pointure | 44 EU pour un 43 EU en ville |
| Poids indicatif | Environ 289 g en pointure homme de référence |
| Drop annoncé | 10 mm |
| Amorti | DNA LOFT v3 |
| Prix public indicatif | 150 EUR au lancement |
| Date de sortie | Printemps 2026 |
| Kilométrage du test | 236 km en 21 sorties |
| Sortie la plus longue | 25,4 km en 2 h 20 |
| Terrains | 84 % route, 11 % chemins propres, 3 % piste, 2 % tapis |
| Usages principaux | Footing, récupération, volume et sortie longue confortable |
J’ai couru avec la Ghost 18 du 10 juin au 28 juillet 2026, sur sept semaines. Mon test comprend 64 % de footings faciles, 21 % de sorties longues, 9 % de tempo et seulement 3 % de fractionné. C’est volontaire : je voulais la juger là où elle prétend être utile, pas lui faire passer un examen de chaussure de compétition qu’elle n’a jamais demandé.
J’ai 41 ans, je mesure 1,81 m pour 69 kg et je cours régulièrement depuis environ onze ans. Pendant le test, j’ai parcouru entre 38 et 62 km par semaine, avec quatre à cinq sorties. Ma foulée est neutre, avec une légère pronation tardive lorsque la fatigue s’installe, et mon attaque passe du médio-talon au talon sur les journées de récupération.
Je cours le 10 km autour de 41 min 30 s et le semi autour de 1 h 33. Mes footings se situent généralement entre 5 min 15 s et 5 min 45 s/km. Autrement dit, je peux emmener la Ghost sur des blocs soutenus, mais mon vrai enjeu était de savoir si elle restait agréable quand les kilomètres s’accumulent.
Sur ma première sortie à 5 min 27 s/km, j’ai immédiatement apprécié le talon stable et la transition simple. En revanche, le médio-pied m’a paru plus ajusté que prévu et le contact avec le sol plus ferme que moelleux. La Ghost 18 ne donne pas cette sensation flatteuse d’un coussin qui s’écrase sous le pied.
Je te conseille de ne pas la juger sur ce premier footing. Il m’a fallu trois sorties, soit environ 35 km, pour que la languette se pose et que le dessus s’assouplisse juste assez. Ensuite, la pression au médio-pied a disparu sans que le maintien se relâche.
Ma sortie la plus parlante a duré 2 h 20, à 5 min 31 s/km. Au vingt-deuxième kilomètre, mes appuis étaient moins propres et ma légère pronation devenait plus visible. Pourtant, le pied restait centré et le talon ne bougeait pas. L’amorti n’avait pas changé de texture et je n’avais aucun point chaud.
Je n’ai pas eu envie d’accélérer sur la fin, mais j’avais encore les jambes suffisamment propres pour terminer sans me crisper. C’est là que la Ghost 18 gagne ses points : elle ne transforme pas la sortie, elle empêche simplement la fatigue de la compliquer.
J’ai aussi couru huit répétitions de 500 m autour de 4 min/km. La chaussure suit, son avant-pied fléchit correctement et la plateforme reste stable, mais le poids calme vite les ambitions. J’avais l’impression de demander à une berline familiale de jouer les petites sportives : elle avançait, sans le moindre enthousiasme.
Sur 3 x 12 minutes autour de 4 min 32 s/km, le bilan est meilleur. Les blocs longs et contrôlés passent proprement. Sous 4 min 20 s/km, en revanche, le manque de rebond devient évident.
Je porte du 43 en ville et du 44 en running. Le 44 me laisse environ 9 mm devant le gros orteil : je resterais donc sur ta pointure running habituelle. Mon pied est standard, avec un avant-pied qui s’élargit après deux heures. La largeur D m’a convenu, même si les trois premières sorties étaient un peu contenues.
Le talon est très bien tenu avec un laçage classique. Je n’ai eu besoin ni d’un nœud de coureur ni d’un serrage agressif. La languette est généreuse, mais elle ne glisse pas et protège bien le cou-de-pied. Les quatre largeurs proposées par Brooks sont un vrai avantage : si ton pied est franchement large, ne lutte pas avec la version standard et essaie directement une Wide.
La DNA LOFT v3 ne donne pas une sensation spectaculaire. L’enfoncement reste léger et contrôlé. Au talon, la protection est généreuse sans devenir instable ; à l’avant-pied, la chaussure est plus fine dans son ressenti et davantage flexible que rebondissante.
Cette fermeté relative a un avantage : la mousse ne s’affaisse pas quand la sortie s’allonge. Après deux heures, je retrouve presque la même sensation qu’après trente minutes. Elle varie également peu selon que la paire a reposé 24 ou 72 heures. Pour enchaîner les semaines de volume, cette constance compte davantage qu’un rebond séduisant sur le parking.
Le drop de 10 mm préserve bien mes mollets, notamment après les semaines chargées. Les coureurs habitués à des chaussures basses pourront en revanche trouver le talon présent et le déroulé très traditionnel.
La Ghost 18 n’est pas une chaussure de stabilité au sens classique, mais elle accompagne très bien une foulée neutre qui se dégrade avec la fatigue. Sa base arrière assez large, sa mousse peu fuyante et son maintien du médio-pied créent une plateforme prévisible. Sur route bombée, en descente roulante ou après deux heures, je n’ai ressenti aucun flottement.
Elle ne corrige pas le pied et ne remplace pas un modèle de soutien pour une pronation marquée. Pour un coureur neutre qui veut simplement un peu de sécurité, elle est toutefois plus rassurante que beaucoup de chaussures très molles.
La semelle extérieure accroche très bien sur asphalte sec et correctement sous une pluie fine. Sur 14 km humides, je n’ai relevé qu’une petite glissade sur une plaque métallique. La peinture mouillée demande également un peu de prudence.
Les chemins stabilisés secs et le gravier fin compact ne lui posent pas de problème. En revanche, la terre humide, l’herbe mouillée et la boue sortent clairement de son programme. C’est une routière qui tolère les chemins propres, pas une chaussure hybride.
À ce stade, l’usure reste superficielle et homogène. Le talon externe droit est légèrement plus marqué, ce qui correspond à ma foulée, tandis que l’avant-pied est à peine touché. Je ne vois ni mousse franchement exposée, ni décollement, ni faiblesse du mesh.
La DNA LOFT v3 présente quelques plis fins, mais je ne perçois aucun tassement. La doublure du talon, la languette, les passants et les lacets sont intacts. Si cette évolution se poursuit, j’estime la durée de vie réaliste entre 650 et 800 km selon le gabarit et l’attaque de pied.
La différence avec la Brooks Ghost 17 reste subtile. La 18 conserve la même mousse DNA LOFT v3 et le même esprit de daily trainer raisonnable. Je trouve son talon mieux verrouillé et sa tige plus structurée, mais le comportement général ne change pas radicalement.
Si ta Ghost 17 est encore en bon état, je ne vois aucune urgence à la remplacer. Si tu arrives en fin de vie de ta paire ou si tu veux un chaussant mieux tenu, la 18 est la suite logique. Ce n’est pas une révolution ; c’est une formule familière, légèrement mieux finie.
La Nike Pegasus 42 est plus vive et plus légère. Je la choisis pour une séance rapide ou une sortie avec beaucoup de changements d’allure. La Ghost 18 protège davantage les jours où je veux seulement accumuler des kilomètres.
L’ASICS Gel-Cumulus 27 paraît plus souple et un peu plus roulante. La Brooks tient mieux le talon et offre un appui plus franc. La Saucony Ride 18 possède un peu plus de rythme et devient particulièrement intéressante lorsqu’elle est remisée ; la Ghost garde l’avantage si tu privilégies la stabilité et la simplicité.
Pour aller plus loin, notre comparatif Pegasus, Ghost, Cumulus et Ride permet de situer les philosophies de ces quatre familles.
Je la recommande aux coureurs neutres, débutants comme réguliers, qui veulent une chaussure fiable pour courir deux à cinq fois par semaine. Elle est particulièrement cohérente pour les footings de 8 à 15 km, les sorties longues jusqu’à 25 km, la récupération et les préparations où l’objectif principal est de terminer confortablement.
Elle peut convenir à des gabarits plus lourds grâce à sa plateforme stable et à sa mousse dense. Elle peut aussi accompagner un marathon tranquille. Je la recommande moins si tu cherches beaucoup de rebond, un faible drop, une paire légère pour le fractionné ou une chaussure de compétition.
La Brooks Ghost 18 ne gagne pas un test de trente mètres. Elle gagne celui du kilomètre 20, quand les jambes deviennent moins précises et que tu apprécies une chaussure qui ne change pas de comportement. C’est une paire de volume fiable, confortable et presque obstinément raisonnable.
Je la rachèterais autour de 125 à 135 EUR. À 150 EUR, son tarif reste défendable si tu privilégies la durée de vie et la stabilité, mais j’attendrais une promotion si le dynamisme compte davantage pour toi. Elle ne rend pas chaque sortie mémorable. Elle rend beaucoup de sorties plus simples, ce qui est souvent plus utile.
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