J’ai testé la Kiprun KS900.2 pendant 503 km : confort, stabilité, amorti, dynamisme, adhérence, pointure et usure après 46 sorties.
La Kiprun KS900.2 testée par Antoine après 503,6 km.
Après 503,6 km et 46 sorties, mon avis sur la Kiprun KS900.2 est assez simple : c’est une chaussure de route très stable, protectrice et durable, particulièrement réussie pour l’endurance et la récupération. Elle rassure quand les jambes sont fatiguées, mais elle manque de répondant dès que j’accélère.
Je l’ai achetée 97,99 € en mai 2024 et utilisée pendant cinq mois, jusqu’à 30,4 km sur une seule sortie. À ce prix, son rapport qualité-prix m’a convaincu. À son tarif public actuel, la concurrence devient toutefois plus sérieuse.
La KS900.2 est un vrai fauteuil de route : solide et rassurant, mais pas le fauteuil que j’emmènerais faire un sprint. Son amorti absorbe bien les impacts sans donner une sensation de trampoline. Sa base large et son comportement prévisible m’ont surtout plu sur les footings faciles et les sorties de récupération.
Ma note : 8/10. Je la recommande aux coureurs neutres qui cherchent une chaussure confortable et stable pour accumuler les kilomètres entre 4 min 50 et 6 min/km. Je la conseillerais moins à ceux qui attendent beaucoup de rebond ou une paire capable d’accompagner des séances rapides.
| Version testée | Kiprun KS900.2 Homme, largeur standard |
|---|---|
| Terrain | Route |
| Poids officiel | 300 g en pointure 42 |
| Drop officiel | 6 mm |
| Hauteur de semelle | 39 mm |
| Prix public indicatif | 139,99 € hors promotions |
| Prix payé | 97,99 € en mai 2024 |
| Kilométrage du test | 503,6 km en 46 sorties |
| Sortie la plus longue | 30,4 km en 2 h 36, à 5 min 08/km |
Kiprun annonce une mousse MFOAM destinée à amortir les chocs et à restituer de l’énergie. La marque donne également un poids de 300 g en 42, un drop de 6 mm et une hauteur de semelle de 39 mm. Ces données proviennent de la fiche officielle de la KS900.2.
Je précise que j’ai acheté cette paire moi-même. Mon test s’est déroulé du 18 mai au 12 octobre 2024, à raison de cinq sorties hebdomadaires en moyenne. Mon utilisation a été composée de 55 % de footings faciles, 27 % de sorties longues et, plus ponctuellement, de tempo, d’intervalles et d’une course de 10 km.
J’ai 41 ans, je mesure 1,84 m pour 77 kg et je cours depuis quatorze ans. Mon volume moyen est d’environ 62 km par semaine. Ma foulée est neutre, avec une légère pronation tardive du pied droit lorsque la fatigue s’installe.
Je porte du 44 en chaussures de ville et du 45 en running. J’ai choisi la KS900.2 en 45, avec environ 10 mm devant les orteils. La longueur m’a semblé fidèle à la taille. Avec mon pied de largeur standard, le chaussant est confortable, quoiqu’un peu ajusté à l’avant. Un pied large gagnera à essayer la paire avant l’achat.
Le talon est très bien verrouillé et je n’ai jamais eu besoin d’utiliser un laçage de type runner’s knot. Le médio-pied est correctement enveloppé et la languette reste en place. Le col généreusement rembourré participe au confort général.
Je n’ai eu ni ampoule ni ongle noir. J’ai seulement ressenti un léger contact sur le petit orteil après 20 km par forte chaleur. L’empeigne devient aussi assez chaude au-dessus de 25 °C, et le col met une dizaine d’heures à sécher après une sortie humide ou un lavage.
Mon principal reproche concerne les lacets. Ils sont peu élastiques et j’ai eu du mal à trouver le bon réglage au début. En serrant trop fort, j’ai même créé une irritation sur le dessus du pied gauche. Une fois la tension trouvée, en revanche, le maintien ne bouge plus et je n’ai jamais dû les refaire en courant.
L’amorti est le cœur de cette chaussure. Je le décrirais comme contrôlé et protecteur plutôt que moelleux. Le talon absorbe efficacement les impacts, tandis que l’avant-pied paraît un peu plus ferme, surtout lorsque la sortie dépasse deux heures.
Sur une séance de récupération de 14 km, le lendemain d’un entraînement marathon exigeant, la KS900.2 m’a permis de courir sans ressentir chaque impact dans les quadriceps. C’est dans ce rôle qu’elle garde le mieux le cap : elle facilite les kilomètres faciles sans chercher à imposer une foulée particulière.
Sur ma sortie de 30,4 km, le confort est resté très bon jusqu’à environ 25 km. Ensuite, l’avant-pied m’a semblé plus ferme et le poids de la chaussure a commencé à fatiguer les quadriceps. La protection demeure présente, mais je n’ai pas retrouvé l’amorti très souple ou le rebond que certains coureurs recherchent.
À mes allures d’endurance, comprises entre 4 min 55 et 5 min 25/km, la transition est fluide et naturelle. Le rocker reste modéré, mais la chaussure déroule correctement. Elle est également agréable en récupération, lorsque je veux simplement courir sans surveiller ma pose de pied.
Le tableau change quand j’accélère. Sur une séance de deux fois quinze minutes à 4 min 05/km, j’ai apprécié sa stabilité, mais elle ne m’a donné aucun coup de pouce. Lors d’une sortie progressive terminée autour de 3 min 55/km, j’ai eu la sensation de tirer la chaussure plutôt que de profiter de son énergie.
Je l’ai aussi portée sur un 10 km officiel couru sans objectif en 41 min 20. Elle a été confortable et prévisible, mais je ne la choisirais pas pour chercher un record. Pour le tempo, les intervalles ou une compétition rapide, ma Kiprun KD900.2 et mon ASICS Superblast 2 me semblent nettement plus adaptés.
La stabilité est, avec le confort, sa meilleure qualité. La plateforme large reste rassurante dans les virages et lorsque ma foulée se dégrade en fin de sortie. La hauteur de semelle est perceptible, mais je n’ai presque jamais eu la sensation de basculer sur le côté.
L’adhérence est très bonne sur bitume sec et mouillé. Pendant une sortie de 15 km sous une pluie modérée, je n’ai glissé dans aucun virage normal. Je reste plus prudent sur les bandes peintes et j’ai connu une petite glissade sur une plaque métallique humide. Sur chemin stabilisé, elle se comporte correctement ; sur l’herbe grasse ou la boue, ce n’est clairement pas son terrain.
Après 503,6 km, l’usure est modérée. Le caoutchouc est davantage marqué sur le talon externe, surtout à droite, sans être traversé. L’avant-pied conserve encore son relief et je n’ai constaté ni décollement ni mousse mise à nu.
La tige est intacte, sans trou ni couture lâchée. Le tissu intérieur du talon est devenu légèrement brillant, mais il n’est pas déchiré. Les lacets commencent à pelucher. La mousse présente des plis cosmétiques et environ 10 % de tassement selon mon ressenti, tout en restant protectrice.
Je continue donc à utiliser cette paire occasionnellement. Au vu de son état, je l’imagine atteindre 750 à 850 km, selon l’évolution de l’usure au talon et de la fermeté de l’avant-pied.
Face à l’ASICS Superblast 2, la différence est nette : l’ASICS est beaucoup plus dynamique et plus agréable lorsque je soutiens l’allure sur une sortie longue. La KS900.2 est en revanche plus posée et me donne une impression de stabilité supérieure.
La Kiprun KD900.2 est également plus pertinente pour les séances rapides. La Saucony Ride 17 se rapproche davantage de la KS900.2 par sa polyvalence et sa robustesse, tout en étant un peu moins massive. Quant à la Hoka Bondi 8, elle partage cette orientation confort, mais la KS900.2 m’a paru particulièrement sûre sous le pied.
Je la recommande aux coureurs débutants comme confirmés qui cherchent une paire neutre, stable et protectrice pour les footings, la récupération et les sorties longues tranquilles. Elle convient bien aux distances de 5 à 25 km et peut accompagner un marathon si l’objectif est de terminer confortablement plutôt que de courir vite.
Je l’éviterais pour les séances de vitesse, les objectifs chronométriques et les coureurs qui veulent une sensation très souple et rebondissante. Son poids et son faible retour d’énergie deviennent évidents dès que l’on demande davantage de rythme.
La KS900.2 est une chaussure sérieuse, protectrice et très stable. Elle ne m’a jamais donné envie d’accélérer, mais elle a rempli sa mission pendant plus de 500 km sans mauvaise surprise. Sa qualité principale n’est pas une douceur spectaculaire : c’est la tranquillité qu’apporte son comportement prévisible.
À 97,99 €, je la rachèterais volontiers pour compléter une rotation avec une paire plus dynamique. Au prix public officiel de 139,99 €, j’hésiterais davantage. Des promotions peuvent toutefois faire varier fortement son tarif selon le coloris et la pointure.
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