Test de la Brooks Glycerin 23 après 327,6 km : confort, amorti DNA TUNED, pointure, stabilité, dynamisme, adhérence et usure.
Test de la Brooks Glycerin 23 après 327,6 km : confort, amorti DNA TUNED, pointure, stabilité, dynamisme, adhérence et usure.
Il y a des jours où je veux sentir chaque relance, jouer avec l’allure et rentrer avec l’impression d’avoir gagné trois secondes au kilomètre. Et puis il y a les lendemains de séance, les sorties longues sans enjeu, les jambes un peu épaisses et cette envie très simple : courir sans négocier avec mes pieds. C’est exactement là que j’ai attendu la Brooks Glycerin 23.
Après 327,6 km et 30 sorties, je la vois comme une évolution bien pensée de la Glycerin 22. Elle conserve son accueil généreux et sa stabilité, mais les 2 mm de mousse ajoutés à l’avant-pied lui évitent de rester assise dans son confort. Elle déroule mieux, sans se transformer en chaussure rapide. En une phrase : un fauteuil qui a enfin appris à se lever un peu plus vite.
La Glycerin 23 est une chaussure neutre haut de gamme destinée aux footings, à la récupération et aux sorties longues. Je l’ai préférée entre 5 min 15 s/km et 5 min 50 s/km, avec un vrai point fort lorsque les jambes ne sont pas fraîches. Elle accepte une allure marathon confortable, mais son poids et son volume deviennent évidents dès que je passe sous 4 min 45 s/km.
| Modèle testé | Brooks Glycerin 23 Homme, largeur standard D, version neutre |
|---|---|
| Pointure | 42,5 EU, pour un 42 en ville et généralement 43 en running |
| Poids annoncé | 300,5 g en pointure homme de référence |
| Drop | 8 mm |
| Semelle intermédiaire | DNA TUNED infusée à l’azote |
| Prix public | 180 EUR |
| Kilométrage | 327,6 km en 30 sorties |
| Sortie la plus longue | 27,2 km en 2 h 25 |
| Terrains | 82 % route, 12 % chemins propres, 4 % piste, 2 % tapis |
Je cours quatre fois par semaine, entre 42 et 58 km, avec une foulée neutre et une attaque médio-talon. Je pèse 67 kg. La paire a surtout servi en footing facile (58 %) et en sortie longue (24 %), avec un peu de tempo et quelques fractions pour chercher ses limites. Je l’ai utilisée du 6 août au 10 octobre 2026, sur route sèche, sous pluie fine et par 26 degrés.
Brooks ne renverse pas la table. La mousse DNA TUNED reste construite autour de cellules plus grandes au talon pour la douceur et plus petites à l’avant pour une réponse plus ferme. La différence la plus sensible vient des 2 mm supplémentaires à l’avant-pied et du drop qui passe à 8 mm.
Sur la Brooks Glycerin 22 que nous avons testée, le confort dominait largement le reste. La 23 garde cette identité, mais quitte le sol plus proprement. Je ne parlerais pas de rebond spectaculaire : c’est plutôt une transition moins paresseuse. Le bénéfice apparaît surtout après 15 ou 20 km, quand le pied continue à dérouler sans devoir tirer la chaussure avec lui.
Le talon accueille franchement, mais il ne s’écrase pas sans fin. À mon poids, l’enfoncement reste léger et contrôlé. La base large aide beaucoup : même lorsque mon attaque devient plus talonnée avec la fatigue, je n’ai pas l’impression de tomber à l’intérieur ou à l’extérieur de la plateforme.
Ma sortie la plus parlante a été un 27,2 km couru autour de 5 min 20 s/km. Au kilomètre 23, j’ai réalisé que je ne pensais plus à mes jambes. Je regardais le chemin et mon ravitaillement, ce qui est probablement le meilleur compliment possible pour une chaussure de confort. Les quadriceps et les mollets sont restés dans leur état normal, sans fatigue inhabituelle sous l’avant-pied.
Le lendemain d’une séance de côtes, mes jambes étaient franchement lourdes. Sur 11 km très faciles, la Glycerin 23 n’a pas créé d’énergie qui n’existait pas, mais elle a rendu la sortie parfaitement supportable. Elle filtre l’impact, maintient le pied dans l’axe et ne demande aucune adaptation particulière.
À basse allure, elle est même meilleure qu’au premier essayage : une fois la tige assouplie après deux sorties, le col se pose autour du talon et la chaussure devient très discrète. Si tu cherches une paire pour les jours simples, c’est son terrain de jeu.
La stabilité est presque aussi importante que l’amorti. La Glycerin 23 n’est pas une GTS et ne possède pas de dispositif correcteur, mais sa plateforme large limite les mouvements parasites. Quand la foulée se dégrade, elle reste prévisible. Je l’ai trouvée rassurante sur les faux plats, les descentes douces et les routes légèrement bombées.
Pour un marathon couru avec un objectif de confort, elle a du sens. Pour chercher un record, je choisirais plus léger. Entre les deux, sur une préparation semi ou marathon avec beaucoup de volume, elle peut prendre en charge une grosse partie des kilomètres faciles.
Sur 3 x 15 minutes autour de 4 min 43 s/km, j’ai apprécié le nouvel avant-pied. La chaussure accepte l’endurance active et les blocs longs contrôlés. Elle n’est plus condamnée à courir lentement.
Sur 10 x 400 m autour de 4 min 05 s/km, le constat change. La Glycerin suit le chrono, mais pas vraiment l’envie. Sur des 200 m, il y a simplement trop de matière sous le pied pour placer les appuis avec précision. Pour ce type de séance, une Saucony Endorphin Speed 5 ou une autre paire légère reste beaucoup plus logique.
La Glycerin 23 taille juste. Mon 42,5 offre environ 9 mm devant le gros orteil et suffisamment d’espace pour un avant-pied légèrement large. Mon pied droit est un peu plus fort, pourtant je n’ai ressenti ni compression, ni frottement sur les petits orteils, même après deux heures.
Je te conseille ta pointure running habituelle. Un pied standard à légèrement large devrait se sentir à l’aise dans la largeur D ; un pied très large gagnera à chercher la version Wide. Inutile de serrer fortement les lacets : la tige tient déjà bien le médio-pied, et un serrage excessif enlève du confort sans améliorer le maintien.
La semelle extérieure est convaincante sur asphalte sec et reste fiable sous une pluie fine. Sur 15,3 km mouillés, je n’ai eu qu’une petite alerte sur une bande peinte. Les plaques métalliques, les pavés lisses et l’herbe humide demandent davantage d’attention.
Les chemins stabilisés secs ne lui posent aucun problème. En revanche, la terre humide et la boue sortent clairement de son programme. C’est une chaussure de route capable de prendre un chemin propre, pas une hybride destinée à improviser un trail.
La tige, la doublure du talon, la languette et les passants sont intacts. Le caoutchouc montre une usure modérée au talon externe et légère à l’avant-pied. Aucun morceau de mousse n’est franchement exposé et les plis de la semelle intermédiaire restent superficiels.
J’ai senti une très légère perte de fraîcheur après environ 280 km, sans baisse nette de protection. À ce rythme, j’estime une durée de vie réaliste autour de 650 à 750 km selon le gabarit, le terrain et l’attaque de pied.
La Brooks Ghost 18 est plus simple et un peu plus directe. Je la choisirais pour une rotation quotidienne rationnelle. La Glycerin 23 offre davantage de douceur et protège mieux sur les sorties longues.
L’ASICS Gel-Nimbus 27 est encore plus moelleuse et enveloppante. La Brooks me paraît plus stable et plus facile à emmener lorsque l’allure augmente légèrement.
La New Balance 1080v15 est plus légère et plus souple. La Glycerin verrouille mieux le talon et garde une trajectoire plus régulière quand la fatigue s’installe.
Je la recommande aux coureurs neutres, débutants comme confirmés, qui veulent une chaussure route confortable et stable pour courir régulièrement. Elle est particulièrement cohérente pour :
Je la recommande moins si tu cherches une paire légère, très flexible, destinée au fractionné court ou à la compétition rapide. Elle peut tout à fait terminer un 5 ou un 10 km, mais ce n’est pas là qu’elle justifie son prix.
Oui. Je recommande ta pointure running habituelle. La largeur standard convient aux pieds standards à légèrement larges ; une version Wide existe pour les pieds plus volumineux.
La Glycerin 23 testée ici est neutre. La version GTS ajoute le système GuideRails pour apporter davantage de guidage aux coureurs qui en ont besoin.
Oui, particulièrement si ton objectif est de courir régulièrement et confortablement. Pour viser un chrono agressif, une chaussure plus légère et plus propulsive sera préférable.
Oui. Elle est stable, prévisible et immédiatement confortable. Son principal frein pour débuter reste son prix.
La Brooks Glycerin 23 améliore la formule sans renier ce qui la rend utile. Elle demeure douce, rassurante et généreuse, mais son avant-pied donne enfin un peu plus de continuité au mouvement. Son poids se rappelle à toi lorsque tu accélères ; sur une sortie longue, il disparaît presque derrière le confort.
Je ne la rachèterais pas les yeux fermés à 180 EUR. Autour de 145 à 155 EUR, en revanche, son équilibre entre douceur, stabilité et durée de vie devient très convaincant. Si tu veux protéger tes jambes sans courir sur une mousse molle et imprécise, elle mérite clairement un essayage.
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