Saucony Triumph 23 : le confort qui tient la distance

Au kilomètre 21, j’ai fait ce que je fais rarement pendant une sortie longue : rien. Je n’ai pas desserré les lacets, je n’ai pas changé ma foulée pour réveiller les pieds et je n’ai pas commencé à négocier avec le chemin du retour. J’ai simplement continué. C’est probablement la meilleure manière de présenter la Saucony Triumph 23.
Après 463 km, je la considère comme une chaussure de confort haut de gamme, très protectrice et étonnamment stable, qui garde une mousse cohérente bien après deux heures. Elle n’a pas le tempérament d’une paire de séance rapide et son poids ne disparaît jamais totalement. En revanche, pour avaler les footings, les semaines chargées et les sorties longues, elle sait exactement pourquoi elle est là.
Mon verdict rapide
- Note globale : 8,8/10
- Meilleur usage : footing facile, récupération et sortie longue.
- Point fort : un amorti très confortable qui ne s’effondre pas avec la durée.
- Point faible : le poids et le manque de nervosité sur les changements d’allure.
- Pour qui : coureur neutre qui privilégie le confort et la protection des jambes.
- À éviter si : tu veux une paire légère pour les séances courtes et rapides.
| Poids constaté | Environ 277 g en pointure 42 homme |
|---|---|
| Drop | 10 mm |
| Prix public | 190 € |
| Semelle intermédiaire | PWRRUN PB avec géométrie CenterPath |
| Test réalisé | 463 km, 38 sorties, jusqu’à 28,6 km et 2 h 46 |
| Profil | Homme, 44 ans, 74 kg, foulée neutre, niveau confirmé |
Une grosse chaussure qui ne fait pas la grosse voix
La Triumph 23 présente une semelle généreuse, un col rembourré et une base large. Sur le papier, elle coche toutes les cases de la pantoufle maximaliste. En courant, elle se montre plus propre que cela. Le pied s’enfonce légèrement au talon, puis la mousse PWRRUN PB reprend sa forme et accompagne la transition sans effet trampoline.
Je cours entre 40 et 58 km par semaine, principalement sur route, à une allure facile comprise entre 5 min 15 s/km et 5 min 55 s/km. La Triumph a couvert 94 % de son test sur bitume, avec quelques passages sur chemins stabilisés et une courte séance sur piste. Ma sortie la plus longue a duré 2 h 46. C’est précisément là qu’elle a été la plus convaincante : le confort du dernier kilomètre ressemblait encore beaucoup à celui du premier.
Pointure : reste sur ta taille running habituelle
Je porte du 43,5 en ville et du 44 en running. Le 44 de la Triumph 23 me laisse environ dix millimètres devant le gros orteil. La longueur est juste, le talon reste verrouillé et l’avant-pied accueille correctement mon pied standard, y compris lorsqu’il gonfle après deux heures.
Le chaussant n’est pas immense. Un pied légèrement large devrait s’y sentir bien, mais un pied franchement large gagnera à essayer une largeur supérieure. La languette et le col sont confortables sans imposer un serrage fort. Je n’ai eu ni ampoule, ni ongle douloureux, ni besoin d’un nœud de coureur.

PWRRUN PB : du moelleux, mais avec une colonne vertébrale
Je note l’amorti 9,2/10. Le talon est très doux, l’avant-pied un peu plus ferme et l’ensemble protège efficacement des impacts. Le petit enfoncement initial reste contrôlé. Il n’y a pas cette sensation de mousse qui s’étale sous le pied lorsque la fatigue arrive.
Sur une sortie vallonnée de 28,6 km, mes quadriceps sont restés étonnamment frais. La semelle n’a pas changé de caractère après deux heures et la plateforme large a gardé une trajectoire lisible lorsque ma pose de pied est devenue moins appliquée. La géométrie CenterPath ne corrige pas la foulée ; elle donne simplement assez de largeur et de guidage pour éviter les mouvements inutiles.
Face à la Brooks Glycerin 22, la Saucony paraît plus vive sous le pied et conserve mieux sa consistance sur une très longue sortie. La Brooks offre un chaussant plus classique et un contact plus posé. La HOKA Bondi 9 pousse encore plus loin la protection et le rocker, mais elle paraît plus massive et moins naturelle.
Elle accepte le tempo, elle ne l’a pas demandé
Entre 5 min/km et 5 min 45 s/km, la Triumph 23 trouve son rythme. Elle roule facilement, garde les jambes tranquilles et ne réclame aucune adaptation. Sur trois blocs de quinze minutes à allure marathon, elle tient une cadence régulière sans se désunir.
Sur dix répétitions de 400 m, le contrat change. Le poids se fait sentir, l’avant-pied manque de mordant et les relances demandent du travail. Elle ne devient pas mauvaise ; elle devient simplement très claire sur ses horaires de bureau. Pour courir vite, je prends autre chose. Pour revenir le lendemain sans jambes dures, je la retrouve volontiers.
La New Balance Fresh Foam X More v6 est encore plus douce et plus large. Elle privilégie le coussin maximal. La Triumph se montre moins encombrante et plus facile dès que l’allure monte légèrement. C’est un meilleur compromis si tu veux du confort sans totalement isoler le pied de la route.
Stabilité et adhérence
Avec 8,7/10 en stabilité, la Triumph rassure à allure lente et lorsque la foulée se dégrade. Sa hauteur reste perceptible, mais la base large contrôle bien les mouvements latéraux sur route et dans les virages ordinaires. Elle n’a pas besoin d’un dispositif de correction rigide pour donner confiance.
La gomme XT-900 obtient 8,3/10. L’adhérence est très bonne sur asphalte sec et correcte sous une pluie régulière. Je reste prudent sur les bandes blanches et les pavés lisses mouillés. Un chemin stabilisé sec ne lui pose aucun problème ; l’herbe humide et la boue sont une autre histoire.

Usure après 463 km
La mousse a perdu un peu de sa fraîcheur initiale, sans devenir plate. Les plis latéraux sont visibles, la gomme est davantage usée au talon externe et sous l’avant-pied, mais aucune zone importante n’est découverte. La tige et le tissu du talon restent intacts.
J’estime qu’elle peut atteindre 650 à 750 km selon le gabarit et les surfaces. La durabilité correspond à son positionnement : chère à l’achat, mais construite pour rester longtemps dans la rotation.
À qui je conseille la Saucony Triumph 23
Je la recommande au coureur neutre de gabarit moyen à lourd qui cherche une paire confortable pour courir souvent, récupérer et préparer des sorties longues. Un débutant peut aussi l’apprécier : elle est stable, prévisible et facile à comprendre dès la première sortie.
Elle convient du footing de 6 km à la sortie de 25 ou 30 km, et peut accompagner un marathon couru pour le confort. Je la conseillerais moins à un coureur très léger qui aime les chaussures souples et minimalistes, ou à quelqu’un qui veut battre un record sur 5 ou 10 km avec sa seule paire.
Mon avis final
La Saucony Triumph 23 est une chaise longue qui a pris quelques cours de maintien. Elle offre beaucoup de confort, mais ne laisse pas la mousse décider seule de la trajectoire. Son meilleur talent n’est pas de provoquer un grand sourire au premier kilomètre. C’est d’éviter la grimace au vingt-cinquième.
À 190 €, le prix public est élevé. Entre 135 et 155 €, elle devient une très bonne affaire pour les gros volumes et les sorties longues. Je la rachèterais pour les semaines où la priorité n’est pas de courir plus vite aujourd’hui, mais de pouvoir encore courir correctement demain.
