Adidas Adizero Adios Pro 4 : rapide sans en faire des tonnes

Il y a des chaussures carbone qui te sautent presque au visage dès les premières foulées. L’Adidas Adizero Adios Pro 4 joue une autre partition. Elle ne cherche pas à te faire rebondir jusqu’au lampadaire suivant : elle te place vers l’avant, raccourcit la transition et te laisse tenir le rythme. Après 268 km, c’est précisément ce que j’aime chez elle.
Je l’ai utilisée sur des séances au seuil, des blocs à allure marathon, un 10 km et un semi-marathon. Mon verdict est assez net : c’est une excellente chaussure de compétition pour le coureur qui préfère une propulsion directe à un amorti spectaculaire. En revanche, son chaussant bas en volume et sa rigidité ne pardonnent pas un choix de pointure approximatif.
Mon verdict en une minute
- Note globale : 8,8/10
- Meilleur usage : tempo, seuil, allure marathon et compétition du 10 km au marathon.
- Point fort : une transition rapide et naturelle, particulièrement réussie sur semi-marathon.
- Point faible : un médio-pied étroit et bas, auquel il faut ajouter une mousse exposée au talon.
- Pour qui : coureurs neutres réguliers à experts, avec une foulée stable et une rotation déjà constituée.
- À éviter si : tu as le pied large, tu cherches une paire unique ou tu veux surtout courir lentement.
| Poids officiel | Environ 200 g en 42 2/3 |
|---|---|
| Drop | 6 mm, 39 mm au talon et 33 mm à l’avant-pied |
| Prix public | 250 € |
| Technologies | Lightstrike Pro, ENERGYRODS 2.0, tige LIGHTLOCK, Lighttraxion et caoutchouc Continental |
| Test réalisé | 268 km, 19 sorties, jusqu’à 31,6 km |
| Profil | Homme, 47 ans, 70 kg, foulée neutre, niveau expert |

Mon protocole de test après 268 km
Je cours environ 62 km par semaine, avec une foulée neutre et une attaque médio-pied quand j’accélère. Pendant six mois et demi, j’ai gardé cette Adidas pour les séances importantes : quatre sorties au seuil ou tempo, cinq sorties longues spécifiques, un 10 km et un semi-marathon.
Ma sortie la plus longue a atteint 31,6 km, avec trois blocs de 6 km à allure marathon. J’ai aussi couru sous la pluie, par 3 °C et jusqu’à 29 °C. Cela m’a permis de juger la mousse autrement que sur trois lignes droites bien fraîches.
Je chausse habituellement du 44 en running, mais j’ai choisi du 44 2/3 ici. Mon pied est standard avec un talon fin. Ce demi-cran supplémentaire me laisse environ 9 mm devant les orteils, sans transformer le maintien en chausson de randonnée.
Un chaussant de course qui demande de l’attention
La tige LIGHTLOCK est fine, respirante et très peu extensible. Le talon est bien verrouillé, l’avant-pied reste correct en longueur, mais le médio-pied offre peu de volume. Lors de ma première sortie, j’ai trop serré les lacets et gagné une petite rougeur sous le cou-de-pied. Message reçu.
Après deux séances, j’ai trouvé le bon réglage. Je serre modérément les deux premiers croisements, puis davantage près de la cheville. La tige s’est légèrement assouplie après 30 km sans perdre son maintien. Pour un pied standard, l’ensemble devient précis et rassurant. Pour un pied large, je conseille vraiment un essai.

Lightstrike Pro et ENERGYRODS : une propulsion vers l’avant
Adidas associe une semelle intermédiaire Lightstrike Pro sur toute la longueur à ses ENERGYRODS 2.0 en carbone. Le changement le plus perceptible vient toutefois du rocker placé plus en avant. Au lieu de me renvoyer verticalement, la chaussure accélère le passage sur les orteils.
À 5 min 20 s/km, elle reste praticable, mais la rigidité prend plus de place que le bénéfice. Autour de 4 min 30 s/km, le mécanisme commence à devenir naturel. Entre 3 min 50 s et 4 min 25 s/km, elle entre franchement dans sa meilleure zone pour moi.
Sur quatre répétitions de 3 km autour de 4 min/km, je n’ai pas eu à forcer le déroulé. La chaussure se cale, garde la cadence et limite les mouvements inutiles. Elle donne moins l’impression de faire le spectacle qu’une Nike Alphafly 3, mais je la trouve plus facile à placer.
Pourquoi je la préfère sur semi-marathon
Sur mon semi couru en 1 h 25 min 12 s, la Pro 4 a trouvé son terrain idéal. Les premiers kilomètres étaient rapides sans paraître forcés. À partir du 15e, elle restait vive alors que la foulée commençait à perdre un peu de fraîcheur. Elle m’a aidé à maintenir la direction, pas à inventer des jambes neuves.
Sur 10 km, elle fonctionne très bien, mais une chaussure plus souple et agile peut être plus amusante si le parcours multiplie les virages. Pour les fractions de 200 à 600 m, je préfère la New Balance FuelCell Rebel v5. Pour les blocs longs, l’Adios reprend clairement l’avantage.
Sur marathon, sa protection est suffisante pour un coureur habitué aux chaussures rigides. Ma sortie de 31,6 km s’est terminée avec des mollets propres, mais une légère sensibilité sous l’avant-pied après 28 km. Si tu cherches surtout du confort et de la tolérance, l’ASICS Superblast 3 reste plus simple à vivre.
Stabilité et adhérence : mieux qu’une simple semelle légère
La plateforme n’est pas conçue pour corriger une pronation marquée, mais le maintien précis évite que le pied flotte. Je la trouve très stable en ligne droite et dans les courbes larges. Les demi-tours et les dévers demandent davantage de présence, surtout lorsque la fatigue s’installe.
La combinaison Lighttraxion et caoutchouc Continental accroche très bien sur asphalte sec comme mouillé. J’ai seulement senti un petit glissement sur une bande peinte humide. Les pavés secs passent correctement ; les pavés mouillés et les plaques métalliques réclament le respect habituel.

L’usure après 268 km
La mousse Lightstrike Pro a pris des plis, sans tassement inquiétant. Le retour d’énergie reste net, un peu moins ferme qu’au départ. La tige turquoise est intacte, légèrement assouplie et un peu ternie. Je n’ai constaté ni trou, ni décollement structurel, ni usure du tissu intérieur au talon.
Le point à surveiller se trouve sous le talon externe. La mousse exposée porte des marques franches et le caoutchouc commence à se lisser. L’avant-pied résiste mieux. J’estime sa meilleure durée de performance autour de 400 à 500 km, selon le poids, l’attaque et la qualité du bitume.

Adios Pro 4, Boston 13 ou Evo SL ?
L’Adidas Adizero Boston 13 est plus robuste, plus stable à allure lente et beaucoup plus logique pour accumuler les séances. Elle est aussi plus lourde et plus ferme. Je choisirais la Boston pour préparer la course, puis la Pro 4 pour le dossard.
L’Adidas Adizero Evo SL est la cousine décontractée : plus souple, joueuse et polyvalente, sans tiges carbone. Elle convient mieux aux footings actifs et aux sorties improvisées. La Pro 4 est moins spontanée, mais nettement plus efficace quand le chrono devient l’objectif.
Face à l’Alphafly 3, la différence tient surtout au caractère. La Nike offre davantage de rebond et de protection. L’Adidas paraît plus basse, plus directe et moins directive. Si tu n’aimes pas sentir une supershoe transformer ta mécanique, l’Adios peut être la meilleure porte d’entrée.
Pour qui je recommande l’Adios Pro 4
Je la recommande à un coureur neutre déjà régulier, capable de tenir une allure soutenue et disposant d’une autre paire pour les footings. Elle convient particulièrement bien au semi-marathon, mais possède la protection et l’efficacité nécessaires pour aller jusqu’au marathon.
Je la déconseille comme première chaussure carbone achetée sans essai, surtout avec un pied large ou un cou-de-pied fort. Elle n’est pas non plus une bonne paire de récupération. À allure lente, son humeur reste polie, mais on sent qu’elle regarde sa montre.
Mon avis final
L’Adidas Adizero Adios Pro 4 est une chaussure rapide, précise et étonnamment naturelle pour une supershoe. Son rocker avancé et ses ENERGYRODS font gagner en fluidité sans imposer un rebond excessif. Sur semi-marathon, j’ai rarement trouvé un équilibre aussi propre entre légèreté, protection et contrôle.
Elle n’est pas universelle : le chaussant est exigeant, la mousse du talon reste exposée et le tarif public de 250 € impose de savoir pourquoi tu l’achètes. Pour les séances spécifiques et les courses, je la rachèterais. Ma formule tient en une phrase : elle te met sur des rails, puis elle te laisse faire le travail.
